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Par Fernand Figares

I. Notes biographiques sur HPB1

HPB est née à Ekaterinoslav (Dniepropetrovsk), en Ukraine, le 31 Juillet 1831. De famille noble, sa mère, Helena Fadéeff était parente du Tsar et sa grand-mère était la princesse Hélène Dolgorouki.

À dix-sept ans, elle se voit contrainte d’épouser un noble, Nicephore Blavatsky, qui ne lui donna que son nom puisque, trois mois après le mariage, elle s’échappe à cheval du palais conjugal et commence sa prodigieuse aventure. Sa première étape la conduit à Constantinople où il est probable qu’elle ait un contact avec le Soufisme. Accompagnée d’une comtesse russe, elle part vers Alexandrie, attirée par l’aura des mystères qui entoure l’Egypte. Nous savons par A. P. Sinnett et le colonel Olcott  que HPB entre en relation avec la Fraternité Hermétique de Louxor et un personnage singulier, Paulos Metamon, mage copte reconnu et qui deviendra l’un des instructeurs de HPB des années plus tard.

La culture et la langue française irriguent tous les salons russes de l’époque et HPB choisit Paris comme étape indispensable de son extraordinaire voyage à travers le monde. Cette ville est à l’avant-garde des courants ésotériques historiques comme les Francs-maçons, les « Cagliostro », les « Mesmer », sans lesquels il serait difficile de concevoir l’identité intellectuelle des grands poètes tels que Nerval, Sand, Rimbaud, Balzac, Baudelaire et Victor Hugo. HPB fréquente ces cercles et certains de ces personnages. Alan Kardec et le spiritualisme montant complètent la scène française où HPB exerce son influence.

Londres prépare l’Exposition Universelle de 1851. HPB s’y trouve et lors d’une promenade elle reconnaît – hébétée – dans un prince Rajput, la figure du «protecteur» qui l’a accompagnée en rêve, tout au long de son enfance. Blavatsky raconte sobrement l’épisode dans une lettre à Sinnett2: «J’ai toujours vu mon Maître dans mes visions depuis l’enfance. L’année de la première ambassade du Népal à Londres, je l’ai vu et reconnu, il a quitté le cortège  pour me saluer et me proposer une réunion à Hyde Park ».

Il est probable que lors de cette première rencontre, le Maître Morya lui propose une collaboration dans le travail de propagation de certains aspects de la Doctrine Occulte orientale et peut-être les prémisses de la future  Société Théosophique. HPB vient de fêter  son vingtième anniversaire.

Helena décide de passer un peu de temps en Amérique bien que l’Inde et le Tibet l’attirent de manière inexorable. Au Québec, elle fait des recherches sur les traditions des squaws et des « medicine men ». Après un court séjour à la Nouvelle Orléans où elle étudie le Voodoo, qu’elle rejettera par la suite, elle poursuit vers le Mexique et visite les vestiges de ses grandes civilisations disparues. Au cours de l’année 1852, elle parcourt également la Vallée Sacrée du Pérou avec ses ruines oubliées sur les sommets de la Cordillère andine.

Plus tard dans l’année, elle embarque pour les Antilles et tout au long de 1853, elle voyage à travers l’Inde, Singapour et Java après avoir essayé en vain d’atteindre le Tibet qui était le but de ce premier voyage en Orient. Elle rentre quelques mois à Londres et en 1854, elle part une fois de plus aux États-Unis où elle se joint à une caravane qui l’emmène au Far West. Il est probable qu’elle se rende une deuxième fois dans certains pays d’Amérique du Sud.

HPB délaisse alors les pays occidentaux pour un nouveau périple à travers l’Inde, le Cachemire, le Ladakh, la Birmanie et une brève incursion au Tibet, pendant laquelle le petit groupe qui l’accompagne se perd dans les méandres glacés et désertiques du Toit du Monde. Il semble que des cavaliers soient venus à leur secours et qu’ils aient été les membres de la suite d’un lama de haut niveau, le lama Djwal Kool, ami et disciple du maître Kout Hou Mi  Lal Singh.  Ces deux personnages deviendront, avec Morya, les protagonistes principaux de l’œuvre publique que HPB va entreprendre quelques années plus tard.

De 1855 à 1857, sur base de témoignages directs d’Helena3, nous savons qu’elle visite des endroits légendaires comme Islamabad, Vârânasî, Agra, Delhi, le Rajasthan,… et enfin Lahore, capitale du Pendjab.

De retour en Europe, HPB passe quelques mois en Allemagne et en France où il est probable qu’elle collabore à la décoration des appartements privés de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, et ce pour des raisons purement économiques. HPB a des talents artistiques incontestables, notamment pour le dessin.

Comme l’âme de notre infatigable voyageuse est toujours attachée à sa patrie russe, une nuit de pleine lune, la veille de Noël 1858, Helena arrive à la maison de sa sœur Vera sans la prévenir. Ce sera le début d’une étape familiale singulière pendant laquelle HPB est contrainte de montrer certains de ses talents de medium. La maîtrise des pouvoirs psychiques et paranormaux qui lui sont attribués sont reconnus par de nombreux témoignages.  Sa réputation dans ce domaine a circulé dans tous les milieux intellectuels européens de l’époque.

Helena passe par une longue période de formation à Tbilissi, capitale de la Géorgie, et à Odessa. Nous sommes en 1861, année de la révolution paysanne russe qui conduit à l’émancipation des serfs et annonce le « début de la fin » du monde aristocratique auquel appartient Helena.

Helena voyage à travers toute la Russie, surtout dans la région du Caucase, pendant plusieurs années. De là, elle part vers les Balkans, la Syrie, l’Egypte, l’Italie et la Grèce. Signalons qu’au cours de cette période, elle retrouve le Maître Hilarion Smerdi qu’elle a connu en 1860.  Il est membre de la Fraternité Hermétique de Louxor.  Il va l’accompagner au Tibet à la fin de 1865. HPB est très discrète sur ce séjour tibétain qu’elle passe en compagnie de Morya et de Kout Hou Mi, alter ego de son maître, les deux grandes figures du mouvement théosophique.

Nous savons qu’à la fin de 1867, Helena est à nouveau en Italie, sous la bannière de Garibaldi qui livre bataille contre la papauté sur les hauteurs de Mentana. Un peu plus tard, elle retourne au Tibet où elle restera deux ans : elle y reçoit des instructions précises sur le lancement d’un mouvement international.

En 1871, elle séjourne à Alexandrie où elle essaie, sans réussir,  de fonder une société pour l’étude des phénomènes spirites. En Octobre 1874, HPB rencontre pour la première fois le colonel Henry Steel Olcott avec lequel, un an plus tard, elle met en œuvre la mission qu’elle a reçue de ses Maîtres orientaux : fonder la Société Théosophique.

Voici ce que nous dit Conan Doyle4 à propos d’Olcott, le fidèle compagnon d’HPB dans l’aventure théosophique: « (…) homme d’esprit clair et avec des capacités hors du commun, avec un sens élevé de l’honneur … loyal avant tout, désintéressé et doté de ce courage moral qui honore la vérité et la suit même si ses prédicats sont contraires à celles que l’on a envisagé au préalable… »5.

Le 7 Septembre 1875, dans sa maison du 46 Irving Place (New York), Helena reçoit un groupe de chercheurs intéressés par le « canon de proportion» utilisé par les anciens architectes égyptiens …

Au cours de cette soirée mémorable, Olcott propose à HPB « de créer une Société pour de telles études».  A l’unanimité, William Q. Juge, avocat de HPB et l’un de ses plus fidèles admirateurs, propose Olcott en tant que président. Toutes les personnes présentes sont invitées le lendemain pour officialiser la Société et pour définir les grandes lignes de ses objectifs qui ont évolué au cours des premières années de son existence jusqu’à ce qu’ils soient rédigés  comme suit:

  1. Former un noyau de fraternité universel de l’humanité sans distinction de race, de sexe, de caste ou de couleur.
  2. Encourager l’étude comparée des religions, des philosophies et des sciences.
  3. Investiguer les lois inexpliquées de la nature et les pouvoirs latents dans l’homme.

Entre 1876 et 1877, HPB écrit Isis Dévoilée, un de ses ouvrages monumentaux. En Juillet 1878, Helena acquiert la citoyenneté américaine et à la fin de cette année, elle embarque pour l’Inde accompagnée d’Olcott. Après une escale en Angleterre, ils arrivent à Bombay en février 1879 où, peu après, l’éditeur du journal le plus influent du continent anglo-indien, Alfred Percy Sinnett, lui propose une rencontre.

En Octobre, le premier numéro du The Theosophist est publié. En Janvier 1880, la première réunion de la Société Théosophique a lieu en Inde, dans les locaux de la Library of  Bombay qui devient le siège central de la S.T.dans ce pays. Très vite, d’autres centres s’ouvrent et en décembre 1882, le siège central est transféré à Adyar, Madras, (actuellement Chennai, Tamil Nadu).

En Février 1884, HPB et Olcott voyagent en Europe et passent la majeure partie de cette année en France et en Angleterre. HPB rédige les premières lignes de la Doctrine Secrète avec son fidèle disciple et ami W.Q. Judge. Au début de 1885, HPB réside en Inde où elle reçoit l’appui de son Maître Morya pour continuer à écrire cette œuvre monumentale. En septembre 1888, le premier numéro du mensuel The Lucifer est publié : il annonce la formation de la Section Esotérique6. La Clef de la Théosophie et La Voix du Silence sont publiés en 1889. Signalons que cette année-là, Annie Besant7 adhère au mouvement théosophique.

Le Siège Central de la Société Théosophique (S.T.) d’Europe est établi à Londres au 19 Avenue Road, St. John’s Wood, où HPB décédera le 8 mai 1891.

II. La Section Esotérique dans la S.T.8

Le Groupe interne au sein de la Branche théosophique de Londres peut être considéré comme le précurseur de la Section Esotérique. Ce groupe de membres a signé une lettre adressée aux grands Maîtres orientaux  de la Théosophie en demandant la création d’un groupe interne avec la promesse de « (…) proférer une confiance absolue dans les Mahatmas et leurs enseignements ainsi qu’une obéissance immuable à leurs orientations concernant toutes les questions relatives au progrès spirituel ».9 Le projet n’aboutira pas, malgré l’accord des Maîtres orientaux.10

C’est un peu plus tard que le Mahatma Kout Hou Mi demande  directement à HPB de réunir un groupe de vrais théosophes pour avancer dans les méandres de l’ésotérisme oriental11. HPB invite Judge à l’aider à la fondation de la Section Esotérique malgré les réticences  d’Olcott qui craint la création d’un Etat dans l’Etat.

Dans l’édition d’octobre 1888, The Lucifer annonce la fondation de la Section Esotérique composée des membres les plus avancés de la  S.T., qui voulaient renforcer les directives originales données par  les vrais fondateurs de la S.T.12

La Section Esotérique ne parvient pas à se consolider malgré les efforts William Q. Judge et Henry S. Olcott qui l’ont dirigée depuis sa fondation. Annie Besant se joint à la tête de la direction quelques années plus tard mais elle ne parviendra pas non plus à faire avancer les objectifs fixés lors de sa fondation.

III. 1891-1895: Premières difficultés et scission de la S.T. des Etats Unis d’Amérique13

Après la mort de HPB, le 8 mai 1891, la S.T subit la première scission en deux branches principales, à partir desquelles, tout au long du XXe siècle, d’autres scissions verront le jour créant ainsi de nombreux groupes et associations.

Depuis qu’Olcott a établi le Siège Central de la S.T. à Adyar, Madras, en 1882, un nouveau foyer de la Théosophie se développe et commence à faire de l’ombre au foyer américain qui était le plus important et le plus actif depuis l’origine de la S.T. En outre, l’arrivée des théosophes « hindous » a produit une grande rivalité entre la « Théosophie orientaliste », défendue par Olcott et Annie Besant, et la « Théosophie occidentaliste », défendue par Judge.

Ces deux courants se différencient de plus en plus et finissent par se séparer complètement en 1895 lors de la Convention de la branche américaine qui décide à l’unanimité de continuer l’aventure théosophique d’une autre manière.

IV. 1897 – 1942: La Société Théosophique de Point Loma

  • Katherine Tingley et la White City

La mort inattendue de Judge en mars 1896, coïncide avec l’apparition d’une figure emblématique et très charismatique en la personne de Katherine Tingley. Elle succède à Judge à la tête de la Théosophie américaine qui s’est établie à Point Loma, Californie. Katherine est fortement engagée dans des œuvres sociales de tout type et en particulier envers les blessés de la guerre américaine et les enfants démunis des grandes villes. En outre, son grand-père l’invite à fréquenter des groupes politiques francs-maçons, des groupes orientalistes et ésotériques. Sa rencontre avec Judge va orienter définitivement sa vie.

Depuis sa nomination à la tête de la Théosophie américaine, elle poursuit un seul et unique objectif : réunifier les différentes branches de la Théosophie. Pour ce faire, elle voyage un peu partout dans les pays où la Théosophie est implantée et elle parvient, en effet, à relier une bonne partie des théosophes européensà sa cause, en particulier en Irlande, en Allemagne, dans Nord de l’Europe, ainsi que les théosophes australiens et néozélandais.

Cependant, Adyar « résiste » à la furie américaine et ne veut pas se soumettre à cette jeune activiste qui dérange les anciens. Le rôle prépondérant donné par Adyar à Charles Leadbeater14, personnage très controversé, finit à faire voler en éclat toutes les bonnes intentions de réunification des deux branches les plus importantes de la Théosophie.

En 1897, Katherine Tingley concentre toutes les loges théosophiques américaines autour d’un grand projet inspiré des écoles de philosophie classique, en  particulier de l’Académie de Platon. Avec l’achat de quelques hectares de terrain dans la baie de San Diego (Point Loma) commence l’« Utopie californienne » !

Pendant une trentaine d’années, K. Tingley dirige cette « Acropole » californienne où l’Egypte, la Grèce, le grand Orient se réunissent avec l’Occident moderne dans un rare syncrétisme.  Temples, théâtres, gymnases, auditoires, parcs, laboratoires, départements de sciences appliquées, … convergent dans un projet d’éducation globale pour enfants et pour jeunes défavorisés. Cette Platonopolis moderne fut appelée la White City ou la White Hill de Point Loma.   

Cette extraordinaire aventure ne durera que 30 ans mais de nombreux personnages, très influents dans le milieu politique et universitaire de l’Amérique moderne, proviennent de cette école de formation intégrale.

  • Robert Crosbie et l’United Lodge of Theosophists.

En 1909, un théosophe renommé issu de la White City,  Robert Crosbie, lance une association indépendante de la Théosophie, l’ULT qui est toujours active dans plusieurs pays d’Europe et des Etas Unis d’Amérique. Elle est organisée de manière très démocratique et se considère héritière de la ligne originale de Blavatsky, suivie par Judge et Crosbie.

  • Gottfried de Purucker

Pendant la spectaculaire expérience de la White City, K. Tingley prépare avec patience l’ascension d’un autre haut personnage de la Théosophie américaine : Gottfried de Purucker. Ce grand théosophe, grâce à ses dons intellectuels, ses études,  écrits et conférences donnera une impulsion scolastique très importante à la doctrine théosophique. Grâce à lui, la Doctrine Secrète de HPB devient accessible à un plus grand public. Après la mort de K. Tingley, il prend la tête de la théosophie américaine en 1929.

A travers le Fraternisation Movement qu’il met en œuvre, il poursuit, comme K. Tingley l’avait déjà fait, la réunification des trois branches les plus importantes de la Théosophie : Point Loma, Adyar et l’United Lodge of Theosophists.

A cette époque, Adyar comptait beaucoup plus de membres que toutes les autres branches réunies de la Théosophie mondiale. Annie Besant donne son accord avec la proposition de Purucker,  à condition de garder le leadership de l’organisation qui pourrait émerger de la réunification proposée par le Fraternisation Movement. En outre, elle reste très attachée à Leadbeater, personnage qui est fortement contesté par la plupart de théosophes exclus, les « hindous ». Ces divergences vont augmenter avec la venue de Krishnamurti15.

Tout cela provoquera un arrêt définitif du projet de réunification.

En 1941, Point Loma est abandonnée, ses terrains et bâtiments sont vendus, et le siège de la S.T. Américaine déménage à  Covina, Californie. Purucker meurt en 1942 ne laissant aucun héritier.

  • Boris de Zirkoff

Il faut certainement mentionner ce personnage théosophique car il a été l’un des membres les plus éminents de la S.T. Point Loma. Il quitte  cette association au cours de la vie de Purucker, afin de se consacrer pleinement à l’œuvre colossale qu’il avait déjà commencée: le recueil de tous les écrits et publications de HPB, grâce à toutes les archives théosophiques de son temps, y compris celles d’Adyar. Quand il meurt en 1881, il laisse en héritage le travail de toute sa vie en 20 volumes : “ The Collected Writings of H.P.B

V. La Société Théosophique d’Adyar16

En l’espace de quelques années, grâce au travail effectué aux États-Unis par Annie Besant, la comtesse de Watchmeister, Leadbeater et Olcott, la croissance de la Section américaine de la S.T. Adyar fut spectaculaire. Pendant ce période, il est important de souligner l’action en Amérique de C. Jinarajadasa17, représentant de la section théosophique italienne, qui allait jouer un rôle très important dans l’histoire à venir de la S.T. d’Adyar.

  • La Société Théosophique et  Annie Besant18

Olcott avait désigné Annie Besant comme héritière et pendant la Convention théosophique de 1907, sa suprématie dans la S.T.se confirme et elle sera nommée Présidente de la S.T. d’Adyar. En 1911, Annie Besant présente le jeune hindou Krishnamurti comme le « nouveau messie de l’humanité ».  En 1912, elle crée l’ «Ordre de l’Étoile de l’Est» dans le but d’aider la mission de ce nouveau Bouddha. Annie Besant et Leadbeater vont consacrer une grande partie de leur temps au développement de cet événement extraordinaire qui s’arrête de manière fulgurante avec la démission de Krishnamurti en 1929 et sa séparation définitive de la S.T.

Annie Besant meurt le 20 Septembre 1933 à Adyar et Leadbeater la suivra quelques mois plus tard.

  • La Section Ésotérique  et Annie Besant

Outre les trois objectifs constitutifs de la S.T., connu de tous, Annie Besant rend publique une pédagogie adressée  aux théosophes les plus avancés. Elle la présente sous la forme de quatre écoles ou quatre méthodes convergentes mais différentes pour accélérer le processus de développement de la vie intérieure :

  • L’école de Discipline générale appelée « Méthode Raja Yoga » : il s’agissait d’une école de philosophie orientale pour le développement de l’esprit, la formation du caractère et la purification du corps à travers la méditation.
  • L’école Gnostique-chrétienne de la dévotion s’adressait aux chrétiens qui cherchaient  une connaissance (gnose) plus profonde derrière les mots de la Bible. La prière devait s’orienter vers l’élévation de la conscience par la méditation et non pas la demande d’une faveur quelconque.
  • L’école Pythagoricienne, fondée sur son ancien modèle. Les participants ne pouvaient pas poser de questions mais devaient essayer de comprendre le sens des livres et des instructions reçus par réflexion personnelle. Le silence jouait un rôle très important et il devait  être respecté à tout moment. Les exercices quotidiens ressemblaient à ceux des autres écoles, mais les thèmes de méditation étaient inspirés des Vers d’Or de Pythagore.
  • L’École du Karma de l’action proche du Karma Yoga hindou était adressée aux étudiants qui préféraient l’action à la méditation.  Cette école est basée sur le principe que le travail ou le service désintéressé sont l’offrande par l’excellence et la meilleure prière pour atteindre l’union avec soi-même et la divinité
  • George Sydney Arundale

A la mort d’Annie Besant, George S. Arundale (né en Angleterre en 1878)  prend la présidence de la S.T. d’Adyar en 1933. Il est devenu très populaire en Inde par son engagement dans le domaine de l’éducation de la jeunesse.  C. Jinarajadasa, qui lui succède à la tête de la S.T disait de lui qu’il personnifiait la « fraternité en action ». Il faut aussi mentionner le rôle important joué par sa femme Rukmini Devi, artiste et personnalité politique de renom.

  • C. Jinarajadasa

A la mort d’Arundale en 1945, C. Jinarajadasa  prend la présidence de la Société Théosophique. « Frère Raja », nom affectueux par lequel il est connu, est le doyen et le plus illustre de tous les théosophes de son temps. Il nait à Ceylan (Sri Lanka) en 1875.  Il a 13 ans quand il rencontre HPB à Londres. En 1896, il  entre à l’université de St John, Cambridge. Il devient un linguiste exceptionnel, ce qui lui permet de voyager à travers tout le monde théosophique pour donner de nombreuses conférences. C’est à lui que l’on doit le développement de la théosophie en Amérique latine. L’étendue de ses connaissances dans des domaines aussi divers que la religion, la philosophie, l’art, la science, la chimie occulte et la structure interne de la matière est extraordinaire.

Il est le rédacteur en chef de la revue « TheTheosophist » pendant des années.  Il fonde « The School of Wisdom » en 1949 à Adyar pour proposer une étude approfondie des textes théosophiques. En dépit de sa sensibilité artistique notoire, son fort penchant scientifique colore son livre le plus célèbre: « First Principles of Theosophy »  traduit dans de nombreuses langues.

A sa mort en 1953, Jinarajadasa vient de fêter son 60e anniversaire comme membre de la S.T.

  • 1953-1973: Srî Ram

Il est probablement le dernier des « grands » présidents de la S.T. Très engagé dans les domaines sociaux, éducatifs et politiques, il collabore étroitement avec Annie Besant pendant sa jeunesse théosophique. Plus tard, il devient également très proche d’Arundale et C. Jinarajadasa. Signalons ses nombreux voyages  et conférences à travers les cinq continents.

Parmi ses livres les plus célèbres citons: Thoughts for Aspirants; The Human Interest; A Theosophist Looks at the World; An Approach to Reality and Man; His Origins and Evolution

Sri Ram occupe la présidence de la S.T. jusqu’à sa mort, le 8 Avril 1973 laissant derrière lui une auréole de cette sagesse du cœur que HPB appelle « âme-sagesse ».

  • Srî Ram et l’Organisation Internationale Nouvelle Acropole

Pendant les années 50, C. Jinarajadasa entretient une relation épistolaire avec un jeune conférencier de la branche théosophique d’Argentine appelé Jorge Angel Livraga.

Quelques années plus tard, Srî Ram se rend à Buenos Aires et propose à J.A. Livraga de développer une section de jeunes théosophes. Le succès immédiat de cette section et la jeunesse de ses membres produisent des tensions générationnelles internes dans la S.T., tension qui aboutit à la séparation définitive de cette section de la S.T. et la fondation d’une association indépendante. Cette association devient l’Organisation Internationale Nouvelle Acropole qui compte aujourd’hui plus de quatre cents centres répartis sur cinq continents.

 


 

  1. Helena P. Blavatsky ou la Réponse du Sphynx, Noël Richard-Nafarre, Ed. François de Villac, Paris 1991
  2. The Letters of H.P. Blavatsky to A.P. Sinnett, Pasadena, Theosophical University Press; 1973
  3. The Letters of H.P. Blavatsky to A.P. Sinnett, Pasadena, Theosophical University Press; 1973
  4. Arthur Conan Doyle (1859-1930) est un écrivain et médecin britannique. Il doit sa célébrité à ses romans et nouvelles mettant en scène le détective Sherlock Holmes.
  5. Histoire du Spiritisme, Conan Doyle, Paris, Presse-Pocket, 1982
  6. Lucifer, Vol. III, Nr. 14, de octubre 188, p. 176. En: CollectedWritings, Vol. X, p. 154.
  7. Annie Besant (1847-1933) est une conférencière, féministe, libre-penseuse, socialiste et théosophe britannique, qui prit part à la lutte ouvrière avant de diriger la Société théosophique puis de lutter pour l’indépendance de l’Inde.
  8. La Escuela Esotérica dentro de la Sociedad Teosófica, Hannes Weinelt, ED NA, 2012
  9. Suplemento de The Theosophist, Julio 1883, p. 10
  10. H.P.Blavatsky, Collected Writings, Vol. IV, p. 250-256
  11. Daniel Caldwell, The Esoteric Papers of Madame Blavatsky, USA 2004, S. 3.
  12. Lucifer, Vol. III, Nr. 14, de octubre 1888, p. 176. En: Collected Writings, Vol. X, p. 154
  13. California Utopia,  Point Loma : 1897-1942 de Emmet A. Greenwalt. Point Loma Publications Inc. 1978
  14. Charles Webster Leadbeater (1854-1934), prêtre anglais et écrivain théosophe prolifique. Il affirmait être clairvoyant.
  15. Le jeune Krishnamurti a été révélé au monde théosophique par Annie Besant qui l’a présenté comme la réincarnation d’un avatar hindou (le plus haut grade d’évolution humaine propre à des hommes-dieux comme le Bouddha, Krishna, Avalokiteshvara…). Krishnamurti refuse catégoriquement cette « nomination » et quitte définitivement la théosophie.
  16. The Theosophical Movement 1875-1950, the Cunningham Press, LA California, 1951
  17. Jinarajadasa (1875-1953) fut un écrivain, conférencier, théosophe et franc-maçon. Il fut président de la Société théosophique internationale d’Adyar de 1946 à 1953.
  18. Annie Besant, Die Esoterische Schule, Rangstufe der Hörer, 1911, S. 4. et Hannes Weinelt, La Escuela Esotérica dentro de la Sociedad Teosófica, ED NA, 2012.

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