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La peur est une émotion naturelle, qui nous prévient d’un danger. La ressentir nous met face à plusieurs options: la fuite, la négation ou l’affrontement; les voies de la lacheté, de la témérité et du courage.

Par Pierre de Bie, formateur à Nouvelle Acropole Belgique

L’actualité de ces derniers mois s’est focalisée sur les nombreux attentats dont le monde entier a été touché. L’horreur des images, le traumatisme des victimes et des témoins, la menace de nouvelles attaques, tout cela a généré un climat de peur. Peur de voyager, peur de se retrouver dans de grands rassemblements populaires, peur – même pour certains – de sortir de chez soi.

Avoir peur, face à de tels événements, est une réaction normale. La peur n’est pas synonyme de faiblesse ou de lâcheté. La peur s’impose et ne nous lâche pas. Le tout est de savoir qu’en faire : comment réagir face à cette émotion qui peut s’avérer paralysante ?

Nous pouvons tenter de la fuir : se retrancher, s’isoler, laisser aux autres en assumer la gestion : c’est, dans ce cas, faire acte de lâcheté. C’est le propre des mouvements populistes lesquels, par un discours racial, remettent toute la responsabilité sur une communauté entière qui devient bouc émissaire.

Nous pouvons aussi la nier, faire comme si le danger n’existait pas, foncer tête baissée sans réflexion et sans prudence. C’est ce qu’on appelle la témérité, « hardiesse inconsidérée aux conséquences graves » nous dit le dictionnaire.

Nous pouvons enfin l’affronter et la surmonter : c’est faire acte de courage. C’est bien sûr l’option la plus difficile car elle exige prise de conscience et force de caractère. Il faut deux conditions pour que le courage puisse se manifester.

La première condition, c’est, précisément, la peur. C’est elle qui va permettre au courage de surgir et se développer. Le chevalier « sans peur et sans reproche » de nos contes d’enfants est donc un chevalier téméraire, pas un chevalier courageux. Faire face à la peur, en rechercher les causes et les démonter pour pouvoir affronter un ennemi bien identifié, voilà la première condition.

La seconde, c’est le choix. Ce choix n’est pas toujours possible. Dans les grandes batailles médiévales, par exemple, et si bien remises en scène dans « Game of Thrones », les combattants n’ont pas le choix : les armées se font face et personne n’échappera au carnage. Chacun prévoit l’horreur de ce combat, les blessures et mutilations qu’il y risque, la vie qu’il va peut-être y perdre. Dans ce type d’affrontement, ce sont les instincts et les émotions qui vont jouer : l’instinct de survie, la rage, la colère, la haine, les pulsions animales. C’est ce qui se passe lors d’un attentat ou d’une catastrophe naturelle. La peur est là, épouvantable, et la grande majorité des gens va la subir et y réagir instinctivement. Pourtant, là aussi, un acte de courage est possible ; un homme ou une femme, par choix, va aller au devant du danger pour tenter de sauver une autre personne. Le courage est un sentiment noble et débouche sur un acte délibéré : se confronter au péril, par décision personnelle.

Soyons ces hommes et ces femmes complets dont nous parlait Fernand Figares, Directeur de Nouvelle Acropole Belgique dans sa dernière conférence : des hommes de connaissance par l’analyse des origines de nos peurs, des hommes de mystère car en imaginant et rêvant nos victoires nous pourrons y puiser la force et l’énergie d’accomplir notre rôle d’homme d’action.

On le voit, la peur peut donc être un puissant moteur d’évolution. A nous d’apprendre à ne plus la subir, mais d’en faire un chemin vers le courage, de devenir des Dames et Chevaliers « sans crainte et sans reproche » car, à l’affronter avec courage, nous ne craindrons plus la peur.

 

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