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Par Sylvain Cigna, Formateur à Nouvelle Acropole Belgique

Une sortie dans Bruxelles en pleine alerte de niveau quatre me rappelle que le combat intérieur est le seul remède contre la barbarie : la Grand-Place est calme. Seuls deux militaires et deux policiers révèlent l’état de tension dans lequel se trouve la ville. Par dessus le camion militaire stationné devant la porte de l’hôtel de ville, j’aperçois St Michel, symbole de Bruxelles. Il combat une force obscure, l’ombre que nous portons tous en nous-mêmes. C’est un des symboles de notre ville, capitale de la Belgique et le sens de cette image résonne en moi : « Contre la terreur et la barbarie, développons le combat intérieur ! » Je me remémore les philosophes de la Renaissance qui opposaient ce même combat intérieur à l’obscurantisme, alors même qu’ils pouvaient être brûlés ou torturés pour leur liberté de pensée.

La philosophie m’apparaît dès lors comme un remède contre la barbarie : l’amour de la Sagesse, une sagesse qui relie les humains et leurs cultures, une sagesse qui nous pousse à nous dépasser et donc à être meilleurs.

Mais comment ?

La plupart des philosophes qui ont vécu en des temps difficiles ont répondu à cette question par l’exemple de leur vie. À la terreur, ils ont répondu par le courage et la constance. Ils ont pu maintenir leurs qualités humaines tout en risquant la mort et la souffrance. À l’obscurantisme, ils ont opposé le savoir et la connaissance de soi qui permettent de comprendre l’univers, la société, la nature et les hommes, à l’apathie de leurs contemporains, la force d’âme et la conscience. C’est pourquoi les écoles de philosophies sont si importantes : elles permettent aux hommes de rester humains dans les moments les moins propices.

À leur exemple, je me fais la promesse de miser sur ma propre lumière, de vaincre mes peurs et d’ouvrir mon cœur, d’élever mon esprit pour mieux comprendre qui je suis et quelle est ma place dans le monde mais aussi pour accueillir toutes les tendances humaines qui se battent pour des valeurs universelles. Je choisis de développer ma conscience par l’exercice répété et constant, d’être attentif mais détendu, l’esprit vif et prêt à concevoir toute action utile. Je m’applique à bâtir une liberté de savoir faire ce qui est juste ou ce qui est le plus humain dans toute situation. Et pour tout cela, je mets en œuvre chaque jour des actions qui conduisent vers davantage de sagesse, des actions qui transforment tant mon intériorité que la société dans laquelle nous vivons. Parce que je ne veux pas laisser ce travail aux générations futures. C’est notre défi. Ils auront le leur.

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